Howl

Performance live par Dominique Frey, Alexis Hanhart, Jonas Lambelet & Julien Neumann Poème incantatoire d’après Allen Ginsberg

Vendredi 26 octobre à 20:30

Description

Note d’intention

Depuis 2014, dans le cadre de Lausanne-Estivale, j’ai pu mener différents projets dont le point commun était de travailler sur les paysages sonores des textes. Ce n’était ni des concerts, ni des mises en musique au sens classique, mais des spectacles hybrides qui allient les sons (de la voix, des instruments, de l’environnement) pour faire émerger des univers propres aux textes choisis. Cette recherche s’associait à un travail scénographique et plastique simple ayant pour but de plonger le spectateur dans un univers à la fois connus (celui du lieu de la représentation) et décalé (là où le texte vient heurter le quotidien, le normal). Par ailleurs, en 2016, j’ai rencontré le groupe The Monk avec qui nous travaillons en parallèle à un projet musico- théâtral qui mêle les textes de Antonin Artaud à la musique de Thelonius Monk. Là encore, un projet multicéphale qui cherche au-delà des codes de représentation théâtral et musical, pour faire émerger les sens du son ou, peut-être, le son des sens. – Jonas Lambelet

Howl – le texte

Ecrit en 1955 par Allen Ginsberg, «Howl» est un des textes emblématiques de la beat generation, ce mouvement artistique dont la contestation marque les prémices des mouvements gay, de libération sexuelle et hippie à venir. Il aborde des thématiques « chocs » pour l’Amérique de l’époque : le sexe, la drogue, l’homosexualité, mais aussi la marginalité, l’antimilitarisme et l’anti-autoritarisme. Dès le départ, ce texte est paradoxalement écrit pour être dit, hurlé pourrait-on même dire, et Ginsberg en fait des lectures publiques bien avant de le publier. Loin de l’image que l’on peut avoir des lectures aujourd’hui, et bien plus proches de dada ou des punks, ces lectures sont alors comparées à de véritables concerts de free jazz. A la lecture, on sent d’ailleurs tout de suite la rythmique qui suinte du texte, pouvant anachroniquement nous faire penser au rap ou au slam d’aujourd’hui. Une poésie qui ne repose pas sur une structure formelle, mais sur un flow, un flot, une énergie, une urgence de dire.