The artist
Hollywood, 1927. Destins croisés entre une star inconditionnelle du cinéma muet, George Valentin, et une jeune figurante qui se voit déjà en haut de l'affiche, Peppy Miller, au moment crucial de l'arrivée du parlant à l'écran… Les producteurs vont évincer le premier, pour faire monter la seconde, prônant le besoin d'amener du sang neuf aux spectateurs. George touche le fond, Peppy les étoiles, et le sort, pour compliquer tout ça, a fait bosser cupidon…
Au départ, le réalisateur, avec son ptit projet dans sa ptite valise, s'en ai pris plein la figure. Seul contre tous qu'il était. Quelle idée, franchement? Comme les bonnes portes ont fini par s'ouvrir (ouf), au final, c'est Hazanivicius qui gagne. Son film part pour la course aux Oscars!!! Plus qu'un simple exercice de style, The Artist n'est pas juste une reconstitution des films muets noir et blanc des années 20–30. C'est un projet ambitieux et le pari ô combien réussi de remettre le spectateur déjà trop habitué au gros cinéma du XXIe siècle avec surdose de 3D et d'effets qui tachent, devant quelque chose de plus pur, de plus artistique, où les acteurs donnent tout d'eux-mêmes, sans trucages, où l'histoire touche pour de vrai, simplement, à tel point que les dialogues mêmes en deviennent inutiles. Unanimement loué par les critiques du monde entier (waouh!!!), c'est tout bonnement un film à côté duquel il ne faut pas passer lorsqu'on veut pouvoir juger l'ensemble du cinéma de 2011. Car, pour sûr, il en met un coup sur la balance et vous invite à revoir votre sens critique et votre échelle de valeurs. Vous incite-t-il à retourner les tiroirs pour dégoter les vrais vieux films des années 30? Je ne crois pas. C'est ma conclusion en tous cas. Car The Artist est un film muet, moui, mais pas que. Il s'amuse subtilement avec les outils de son temps, et l'effet n'en est que plus pétillant. C'est un rêve de cinéphile, The Artist. Alors, ça vous dit d'rêver?

