Les hommes libres
1942, Paris, sous occupation allemande. Younes, un émigré algérien sans éducation politique y vit du marché noir. Arrêté par la police française, ce dernier accepte de collaborer afin d’échapper à la prison. Sa mission: espionner la Grande Mosquée de Paris, soupçonnée de délivrer de fausses attestations d’appartenance à la religion musulmane à des juifs et à des résistants. Mais Younes fait la rencontre d’un chanteur algérien prometteur avec qui il se lie d’amitié. Apprenant que ce dernier est un juif doté d'une fausse attestation de musulman, délivrée justement par la Grande Mosquée, Younes met fin à sa collaboration avec la police, en lien étroit avec la Gestapo, et se découvre une conscience politique doublée d'une veine de résistant…
Venir voir ce film, c'est remercier Ismael Ferroukhi de dévoiler un pan de l'Histoire jamais tenté sur grand écran. C'est aussi apprécier un casting à la hauteur du pari: Tahar Rahim, révélé par «Un Prophète», ou Michael Lonsdale, increvable. Le cinéaste, épaulé solidement pour le scénario de son complice Benjamin Stora, historien, spécialiste de l'Algérie coloniale et de l'histoire du Maghreb contemporain, met en lumière pour nous le rôle méconnu de la Mosquée de Paris durant l'Occupation. Un peu à la manière d'«Indigènes», en 2006, ce film est un hommage. Un hommage à ces centaines de combattants et résistants musulmans anonymes – «invisibles», qui se sont battus pour la liberté. Et alors, à l’heure où les hommes politiques et les discours médiatiques entretiennent le climat d’islamophobie, «Les Hommes libres» offre un autre son de cloche, dépoussiéré des tiroirs l'Histoire de France qu'on apprend pas à l'école…
A votre disposition ci-dessous:
la bande-annonce et deux courtes interviews décryptant briévement les notes d'intentions des auteurs

