Medianeras
C'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui habitent à quelques mètres l'un de l'autre et finiront tôt ou tard par se rencontrer. Sur cette trame ébouriffante de singularité, Medianeras entend piétiner les plates-bandes de la comédie romantique pour mieux décrypter les affres de la solitude et de l'enfermement psychique ET physique. Les deux héros du film, Mariana et Martin, sont en effet les prisonniers volontaires de gigantesques cubes de béton nommés «immeubles», qui les empêchent parfois de voir plus loin que le bout de leur nez et de gérer leurs existences comme il le faudrait…
Si Martin est webdesigner et reste scotché à son computer la plupart du temps, Mariana, elle est architecte. Et de l'architecture de Buenos Aires, on en découvre un rayon dans ce film, comme introduction à chaque saison qui passe dans leur vie étouffante… Le but du cinéaste étant de montrer comment l'homme réagit, interagit et s'adapte (ou pas) à l'environnement structurel d'une telle ville, avec tant de monde, où l'on se croise sans vraiment se voir et qui finit par nous rendre asocial. Avec de l'humour, s'il-vous-plaît. Ni mièvre, ni outrageusement romantique, ce film aborde les fêlures d'une franche tranche de la population en phase de grosse remise en question, auxquelles on peut sans autre s'identifier, peu importe l'âge (bon d'accord, pas les enfants...), le sexe ou la métropole dans laquelle on vit. Et il y a ce petit côté ludique au film: la passion de Mariana pour les albums de «Où est Charlie», qui correspond à merveille à la trame de ce film, et qui fait que comme elle, dans les plans de foules, on cherche... son Charlie.
Un coup d'oeil sur la bande-annonce vous donnera le décor architectural, photographique, hypocondriaque, claustrophobe, que dis-je, non, juste la poésie urbaine que dégage cette œuvre argentine qu'il ne faut pas manquer!!!

