Michael
Reconstitution fictive d'une cohabitation entre un pédophile et sa victime de 10 ans, durant les 5 derniers mois de captivité. Pile entre le "shocking" et les nons-dits, le film se concentre sur Michael, ce type à priori normal qui pourrait être votre voisin serviable, votre collègue amusant, le livreur de pizza, mais qui, une fois rentré chez lui, dévoile sa vraie nature…
«Michael», c'était l'événement choc du dernier Festival de Cannes. Choc par son sujet et par le brio de la réalisation. Ambiance tendue, glaciale même, décryptant dans un silence pesant, la relation qui existe entre ce pédophile de 35 ans, Michael, et sa victime, Wofgang, 10 ans, enlevé, séquestré dans la cave, violé quotidiennement. Un film pas facile à voir? N'ayez pas si peur. Le réalisateur ne cherche ni le sensationnel ni le sordide. De cela vous serez épargnés. Par contre, c'est sûr, le sujet n'est pas drôle. Le but de Markus Schleinzer? Une étude sociologique, une tentative de comprendre. Le récit se situe du point de vue du pédophile, ni défendu, ni jugé: une condition sine qua none pour parvenir à amener le spectateur à ne pas être choquer par ce à quoi il s’attend, mais par ce qu’il n’attend pas.
Du début à la fin, «Michael» fascine par sa prodigieuse intelligence et la maîtrise orfèvre de son propos. Jusqu’à un dénouement parfait qui laisse pour tous la porte ouverte. Une œuvre digne et modeste, à ne manquer sous aucun prétexte. La preuve que le cinéma ne peut pas changer le monde mais a toujours le pouvoir de bouleverser la façon dont on le voit…

