Route Aloys-Fauquez 4
CH-1018 Lausanne
Tél. : 021 647 46 42
Fax : 021 647 76 12
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HISTORIQUE

 
 

Cette salle, plutôt originale dans le paysage cinématographique lausannois, a été ouverte en 1959. Les locaux, reçus en payement d'une dette du propriétaire M. Baumann, abritent alors un atelier de fabrication de machines à café. Le nouveau propriétaire, M. Debrunner, carreleur, est un amoureux du cinéma et il décide d'en faire une salle de cinéma. Devant les difficultés à obtenir les autorisations d'exploitation en 35 mm (la libéralisation n'a pas encore déployé tous ses bienfaits, et le protectionnisme des associations professionnelles est très fort) il équipe la salle d'un projecteur 16 mm. A cette époque, deux autres salles lausannoises fonctionnent exclusivement avec ce format, il s'agit du Cinéma Richemont et du Cinéma Montchoisi. Il s'agit donc d'une exploitation de style ciné-club. La concession 35 mm est acquise quelques années plus tard, mais l'exploitation continue de manière "familiale". Il s'agit presque d'un cinéma pour les copains, mais géré de manière professionnelle: 5 séances par semaine. Les films sont pour la plupart acquis chez "Imperial Films" à Lausanne (on joue ce qu'il y a de disponible).

M. Debrunner fait tout et assurent aussi les projections; c'est la raison pour laquelle un lit de camp a occupé pendant longtemps une grande partie de la cabine: il permet au propriétaire, qui exerce son métier de carreleur la journée, de pouvoir dormir une fois le film lancé. En plus du cinéma, M. Debrunner aime les poissons et les aquariums. Il en installe plusieurs dans le hall du cinéma. Ceux-ci feront, jusqu'à récemment, le bonheur des visiteurs.

L'année 1978 marque un tournant majeur dans l'histoire du cinéma. M. Debrunner tombe gravement malade et, dans le mémento des quotidiens, le cinéma affiche tristement "fermé pour cause de maladie". Voyant cela Gilles Grossfeld, né dans une famille liée au cinéma depuis les origines de cette industrie pas comme les autres, fait une proposition de reprise. Il en prend en charge l'exploitation avec un petit groupe fonctionnant en autogestion (c'est alors à la mode) qui comprenait notamment le journaliste Claude Vallon et Pascale Kramer, devenue entre temps écrivaine. (On remarquera par ailleurs que nombres d'acteurs des milieux culturels lausannois sont "passé" par le Bellevaux, travaillant qui comme caissier, qui comme projectionniste.) Le cinéma ouvre à nouveau ses portes en décembre 1978 avec THE STING (L'ARNAQUE). Quelques discussions de comités de programmation plus tard, Gilles Grossfeld assume seul la gestion du cinéma, il le fera pendant vingt ans. Cette période sera la plus belle de la salle; de 7'000 spectateurs en 1978, elle en aura 35'000 en 1990 (sa meilleure année).

En 1980, après quelques semaines de fermeture pour rénovation, il réouvre avec THE LIFE OF BRIAN des Monthy Python, en version originale. Chose peu connue, le Cinéma Bellevaux est l'un des pionniers de l'introduction des séances en VO dans notre ville. En effet, jusque là, un film qui n'a pas de version française n'était tout simplement pas exploité; seule exception, le Montchoisi qui joue les films en allemand pour la communauté germanophone de Lausanne. Cela signifie alors un gros potentiel de films et de spectateurs intéressés par les versions originales. C'est depuis cette époque que le cinéma ne joue pratiquement plus que des premières visions et que le nombre de séances passe à trois par jour. C'est enfin à cette époque que le Bellevaux devient une sorte de tête chercheuse du cinéma d'auteur. On y joue des films de Cassavetes, Scorsese, Jarmusch, Kusturica et bien d'autres premières oeuvres de cinéastes devenus célèbres par la suite et dès lors projetés dans les salles plus prestigieuses de la ville.

Le cinéma suisse occupe une place importante sur cet écran. Nombre de premières y ont lieu, avec parfois des débats épiques (les participants du débat qui a suivi la projection de ANNE TRISTER de Léa Pool peuvent en témoigner). Encore dernièrement, le Bellevaux programme "Potlach" de Pierre Maillard. A l'époque des fantastiques Fêtes du cinéma, la salle est généralement dévolue au cinéma de notre pays, tous genres confondus.

Pendant plusieurs années, elle accueille le circuit des Films du Sud, décentralisation des films du Festival International du Film de Fribourg en provenance d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Nombreux sont les films de cinématographies rares ou lointaines que le Bellevaux a fait découvrir aux Lausannois et ceci a certainement contribué à fidéliser un public attentif à ce genre de programmation.

En 1998, Gilles Grossfeld se retire de la scène cinématographique, et c'est l'Opérateur projectionniste de la salle, Konrad Waldvogel qui en reprend la gestion.

Le cinéma est complètement rénové en 2003; grâce à l’Association de soutien BelEcran fondée fin 2002, qui obtient un don de la Loterie romande.

En 2008, Claude Vallon, homme de presse et de théâtre, président de BelEcran, disparaît. Il aura mené un inlassable combat pour la défense des salles de cinéma indépendantes, plus particulièrement pour celle du Cinéma Bellevaux.

Dès janvier 2009, Serge Authier, ancien Opérateur-projectionniste et collaborateur de la Cinémathèque Suisse, s’associe à Konrad Waldvogel à la direction de la salle. Le Bellevaux fête 50 ans d’existence et, soutenu par BelEcran, les membres de l’association, un cercle d’amis ainsi que des spectateurs fidèles et quelques généreux contributeurs, aborde la deuxième partie de son siècle avec beaucoup de vaillance et d'espoir et continue de prouver que le cinéma est un art vivant novateur et passionnant.

 

50ans Bellevaux

Appel soutien & historique (pdf - 767Ko)

 

 

Renseignements : Cinéma Bellevaux - Route Aloys-Fauquez 4 - CH-1018 Lausanne

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