Thriller psychologique anxiogène, «Peau à peau» adopte le point de vue d’une jeune mère qui sombre dans une psychose post-partum sans s’en rendre compte. Le film débute sur un hold-up et s’enfonce graduellement dans le délire paranoïaque de Pénélope, une jeune mère désemparée et rongée par ses erreurs passées.
Note de la réalisatrice
Quand mon fils est né, rien ne s’est passé comme prévu, comme désiré, comme promis par les films, les livres, les amies bienveillantes et bénies par la maternité heureuse. À mes yeux, j’étais une mauvaise mère et je devais le cacher à tout prix. Quand on entend parler de dépression post-partum, c’est dans les nouvelles sensationnalistes, lorsqu’une mère a tué son enfant. Tous s’entendent alors pour dire que cette mère est un monstre. On ne parle jamais de la femme qu’elle était avant, des circonstances qui ont mené à la catastrophe. On ne parle pas non plus de celles (pourtant nombreuses) qui s’en sortent et évitent le pire. On devrait.
Peau à peau raconte le post-partum tel que vécu de l’intérieur. Il est si difficile pour une jeune mère de prendre conscience et de surmonter cette épreuve. Je veux montrer le courage, la force que ça demande, d’affronter le cauchemar et d’appeler à l’aide. La dépression post-partum est une maladie aussi répandue qu’elle est taboue. On n’en parle jamais, de crainte d’effrayer pour rien les futures mères qui ont tant besoin d’être rassurées. Alors, les mères souffrantes se taisent. Elles ont honte. Elles se croient seules, incapables. Elles ont peur qu’on leur enlève leur enfant si elles osent demander de l’aide. Mais à force de se taire, on perpétue le mythe de la maternité heureuse et sans embûche et on culpabilise d’autant plus celles pour qui tout n’est pas rose.
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