Nouveauté
It’s creepy pasta time again! Tout est parti d’une image de bureaux vides baignés d’une lumière jaunâtre prise en 2003 et publiée anonymement sur le forum 4chan en 2019. Le phénomène des backrooms s’est rapidement imposé comme l’une des légendes les plus fascinantes du web et elle inspirera à Kane Pearsons une série de vidéos devenues virales qui nous plonge dans cet univers devenu le symbole d’une angoisse contemporaine : celle de se perdre dans un espace banal, familier duquel il est impossible de s’échapper. Sous l’égide d’A24, déjà bien lancé dans l’«elevated horror», il transforme l’essai en œuvre cinématographique à vingt ans tout juste. Comme «Exit 8» réalisé par Genki Kawamura, que nous avions montré en début de saison, «Backrooms» est un dédale de passages interminables où chaque détail intrigue, inquiète, menace. À mesure que l’on s’enfonce dans ces espaces liminaux, la sensation de solitude grandit et le réel se dérobe peu à peu. «Backrooms» ne recherche pas tant le choc, mais à installer un malaise profond jusqu’à enfermer le spectateur dans un cauchemar sans fin. Et vous, vous laisserez-vous prendre ?
Évènement
Rendez-vous le mercredi 24 juin pour fêter le Québec, son cinéma, le 1 an de CinéBobines Québec au Cinéma Bellevaux et, finalement, notre fin de saison !
Pour l’occasion, et en avant-première, venez découvrir une comédie lucide et audacieuse sur la monogamie et les défis du couple moderne. Dans «Folichonneries» d’Éric K. Boulianne, on suit Julie et François, un couple en relation depuis 16 ans et parents de deux enfants. Face à l’effritement de leur désir, ils décident d’ouvrir leur couple et d’explorer le polyamour, le BDSM et le libertinage pour se redécouvrir. Une exploration de l’intime portée par un humour franc, pleine de tendresse et follement universelle !
toujours à l’affiche | dernières séances
Après «As bestas», Rodrigo Sorogoyen délaisse le thriller pour explorer une autre forme de confrontation : celle qui oppose un père et sa fille séparés depuis treize ans. Drame sensible et bouleversant, «L’Être aimé» est porté par un duo magistral formé par Javier Bardem et Victoria Luengo et confirme le talent du cinéaste espagnol pour sonder la complexité des relations humaines.
Avec «Peau à peau», son premier long métrage, Chloé Cinq-Mars nous entraine dans la spirale mentale de Pénélope, une jeune mère fragilisée par l’épuisement et les fantômes de son passé. À travers une mise en scène sensorielle et anxiogène, le film explore avec finesse la question de la maternité et des traumatismes, tandis que les frontières entre réalité, mémoire et obsession se brouillent peu à peu.
En exhumant ses archives personnelles et celles de familles iraniennes dispersées à travers le monde, la réalisatrice Farahnaz Sharifi recompose une mémoire collective menacée par l’oubli. Entre journal intime et geste politique, «My Stolen Planet» est un film bouleversant sur l’exil et la résistance, qui fait dialoguer l’histoire d’un pays et les souvenirs de celles et ceux qui l’ont vécu.
Près de vingt ans après sa sortie, «Persepolis» demeure une œuvre incontournable, dont le graphisme épuré en noir et blanc et le ton frondeur n’ont rien perdu de leur éclat. Adapté de l’autobiographie dessinée de Marjane Satrapi, le film raconte avec humour, lucidité et émotion le passage à l’âge adulte d’une jeune Iranienne confrontée à la révolution islamique et à l’exil. Ici encore, l’intime rencontre l’histoire, ou bien est-ce l’inverse ? Quoi qu’il en soit, un témoignage nécessaire, à revoir !
Ainsi s’achève notre saison. Nous vous remercions d’avoir été nombreux·ses à franchir les portes du Cinéma Bellevaux et les complices d’un jour ou de toujours.
Nous vous souhaitons de passer un bel été et nous nous réjouissons déjà de vous retrouver à la mi-août !
D’ici là, bonne(s) séance(s) !