À sept ans, Farah réalise qu’elle vit sur deux planètes : celle de l’Ayatollah et l’autre, cachée, où elle ose être elle-même. À l’achat d’une caméra, son monde croît, alimenté de danse, de joie. Elle y ajoute des archives abandonnées par les familles en exil et fabrique ainsi une autre histoire de son pays. Un film édifiant sur la puissance des images.
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Farahnaz Sharifi est née le 8 mars, journée aujourd’hui dédiée aux luttes féministes. Dans son cas, en Iran, en 1979, c’est trois semaines après la révolution islamique qui impose, entre autres, le hijab aux femmes. Depuis sa première photo voilée, elle comprend la dualité imposée à son genre et cultive tout ce qui appartient au privé, à sa planète, filmant ce qui l’entoure, collectionnant, archivant toutes les traces de liberté interdites à l’heure où « même la joie est devenue un crime ». Ces images de téléphones portables et bobines super 8 sont un remède contre l’oubli imposé par le régime. Une nouvelle écriture du pays qui relie celles qui restent à celles qui ont dû, ou pu, fuir. Dans ce journal filmé, chaque image devient instantanément une trace d’histoire, et filmer le quotidien se transforme en un acte de résistance puissant. Le tour de force de la cinéaste consiste à non seulement faire entendre les voix des femmes du passé mais les faire résonner avec celles du présent, montrer les corps, les luttes, et inscrire leurs noms à côté de celui de Mahsa Amini. Une mise en perspective colossale et bouleversante. – Anne Delseth, Visions du réel
Festivals & Prix
- Berlin International Film Festival 2024 – Panorama, Prix du Public
- Chicago International Film Festival 2024 – Compétition Films Documentaires, Silver Hugo
- Busan International Film Festival 2024
- Amsterdam International Documentary Film Festival 2024 – Beeld & Geluid IDFA ReFrame Award
- Visions du Réel 2024
«Lorsque nous partageons un souvenir avec les autres, il passe du privé au public.Cette histoire est étroitement liée à une résistance à l'oubli. À une époque où les structures de pouvoir s'efforcent de raconter l’histoire de manière à dissimuler des segments importants et populaires, il devient d'autant plus crucial de partager des détails personnels et des micro-récits.» – Farahnaz Sharifi
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