NOUVEAUTÉ
Présenté le week-end passé au Festival de Cannes, «L’Être aimé» marque la première sélection en compétition officielle de Rodrigo Sorogoyen («Madre», «As bestas» ou plus récemment la série «Los años nuevos»). Le réalisateur espagnol, qui s’intéresse depuis ses débuts aux relations humaines et à la masculinité, met ici en scène Javier Bardem dans la peau d’un réalisateur tyrannique qui essaie de renouer avec sa fille (Victoria Luengo) qu’il a toujours délaissée, en lui proposant le premier rôle de son nouveau film. Nous plongeant dans les coulisses d’un tournage – et de cette relation, ratée dans le passé et presque impossible à renouer au présent – le film interroge la manière dont chacun se raconte une histoire ou la raconte aux autres, jouant avec les procédés cinématographiques pour exprimer la porosité qui existe entre fiction et réalité et les complexités des sentiments qui animent ce duo père/fille explosif.
TOUJOURS À L’AFFICHE
L’hypnotique et bouleversant «Die My Love» de Lynne Ramsay, le malicieux et sarcastique «Divine Comedy» d’Ali Asgari ou encore l’ambigu et inconfortable «The Drama» de Kristoffer Borgli, sans oublier le labyrinthique et résolument politique «Black Rabbit, White Rabbit» de Shahram Mokri.
ÉVÈNEMENTS
Demain, mercredi 20 mai à 20h, nous vous rappelons la séance unique de «Unrueh» dans le cadre d’un tout nouveau ciné-club proposé par le Laboratoire d’étude des sciences et des techniques (STS Lab, Université de Lausanne) en partenariat avec la Fédération syndicale SUD. Cyril Schäublin, dont c’est le second long métrage, nous plonge dans le Saint-Imier du XIXème siècle alors que l’industrie horlogère prend son essor et raconte l’aspect technologique autant que métaphorique du temps, mais aussi l’histoire vraie d’un jeune géographe russe, Pyotr Kropotkin, passionné de politiques, qui découvre les mouvements anarchiques en Suisse.
PROCHAINEMENT
À partir du 27 mai, nous vous proposerons également quelques séances de «My Stolen Planet» de Farahnaz Sharifi. Sous forme de récit intime, ce documentaire mélancolique et politique retrace l’histoire de la place de la femme dans la société iranienne, de la révolution islamique de 1979 à l’assassinat de Mahsa Amini en 2022, avec une grande question transversale, celle de la notion d’espace, réduit pour la cinéaste et beaucoup d’autres au foyer et aux échanges virtuels qui rythment alors ce home movie imposé.
Bonne(s) séance(s) !